8ème dimanche du temps ordinaire
Lectures de la messe du 8ème dimanche
Les évangiles de ces derniers dimanches nous ont décrit l’activité missionnaire de Jésus. Depuis quelques temps, il commence à étonner tout le monde. On s’aperçoit qu’il apporte quelque chose de nouveau : Il fait des miracles, il enseigne, il va même jusqu’à pardonner les péchés. Tout cela fait grand bruit en Galilée. Tout le monde cherche à la voir et à l’entendre.
En même temps, le comportement de Jésus et de ses disciples a de quoi intriguer. Cela ne correspond pas celui de gens qui se disent hommes de Dieu. Il vient de choisir un publicain comme disciple, un homme infréquentable parce qu’il trahit son pays. Bien plus, il va manger chez lui. De plus, les disciples qui accompagnent Jésus ne respectent pas le rituel prescrit par la loi de Moïse et ils n’observent pas le jeûne. On est toujours choqué de voir des personnes qui disent parler de la part de Dieu et qui se conduisent différemment de ce qu’on attend d’elles.
Alors on pose la question à Jésus qui est tenu pour responsable du comportement de ses amis : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? » Pour comprendre la réponse du Christ, il faut savoir que dans l’Ancien Testament, le jeûne était lié à l’attente du Messie. C’était une manière de montrer qu’on était impatient de le voir arriver. Le sens de la réponse est clair. Nous ne sommes plus au temps de l’attente. Le Messie est là, il est arrivé. Ce type de jeûne n’a plus de raison d’être. Désormais c’est le temps de faire la fête.
Ce vin nouveau dont parle Jésus, c’est précisément celui de la fête. Il ne peut y avoir de bon repas sans un bon vin. Mais pour mieux en comprendre la signification, il faut en connaître le symbolisme. Ce vin nouveau évoque le renouveau spirituel qu’apporte le message de l’évangile. Ce vin, on ne le met pas dans de vieilles outres. Il faut l’accueillir avec un cœur renouvelé. Jésus ne vient pas faire du raccommodage. Il fait du neuf. Avec Jésus c’est l’époux qui est là. Il veut nous revêtir des habits neufs de notre beauté retrouvée. Il nous invite à boire le vin de la nouvelle alliance. Il nous offre d’avoir avec Dieu une relation d’amour sans cesse renouvelée. Et si nous jeûnons pendant le carême, ce n’est plus parce que nous attendons le Messie. C’est pour être plus ouverts et plus disponibles à sa présence, son action et son amour.
C’est ainsi que le Christ nous invite à accueillir inlassablement la nouveauté de l’évangile et à nous laisser transformer par lui. Et il nous envoie dans le monde pour continuer son œuvre de transformation. Tout cela semble bien au dessus de nos possibilités. Alors on se décourage en disant qu’on n’est pas assez nombreux ; et puis « avec la mentalité qu’il y a chez nous, ce n’est pas possible ! » Ce découragement est l’une des pires tentations car elle bloque tout engagement. D’autre part, il faut bien le reconnaître : le christianisme a plusieurs fois réussi ce tour de force de transformer le monde. Il a largement contribué à changer la mentalité qui régnait dans la Rome décadente. Les missionnaires ont apporté à de nombreux peuples ce qu’il y a de meilleur dans la civilisation de leur pays d’origine.
Pour être rayonnants de la nouveauté de l’Evangile, il nous faut l’accueillir en nous et nous en imprégner. Et pour cela, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Chaque semaine, nous sommes invités à nous nourrir de sa Parole et de son Corps. L’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. C’est pour nous une invitation à puiser à cette source et à gravir ce sommet. En mangeant le même Pain et en recevant le même Christ, nous ne formons qu’un seul Corps. Si nous lui demandons de nous inoculer son amour passionné pour son Père et pour nos frères, la communauté se transformera ; l’idéal du Christ pénètrera dans nos vies. Beaucoup de choses changeront.
Il y a aussi un autre moyen de nous transformer et de nous rendre plus conformes à la nouveauté de l’évangile : C’est le sacrement de la réconciliation. Quand nous avons rompu l’alliance avec Dieu, il nous appelle inlassablement à revenir vers lui. La lecture du livre d’Osée nous rappelle que Dieu nous aime tous d’un amour passionné malgré nos infidélités. En recevant le sacrement du pardon, nous sommes comme le fils prodigue qui revient vers son Père. Et nous sommes accueillis à bras ouverts. Ce pardon c’est une grande joie, une fête pour Dieu et pour nous. Tout le ciel se réjouit avec le « berger » pour une seule brebis retrouvée.
C’est ainsi qu’en venant dans le monde, Dieu a inauguré un monde nouveau. Il faut toutes choses nouvelles. Il l’a mis en fête éternelle. Cette fête totale nous est acquise d’une manière définitive par la mort et la résurrection du Christ. Cette transformation n’apparaît pas encore mais elle est déjà présente dans le témoignage des communautés chrétiennes.
Rendons grâce à celui qui est notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer au renouvellement de nous-mêmes, de notre Eglise et de notre monde. Avec Jésus c’est vraiment un nouveau départ.
Jean C (D’après diverses sources)









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