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Dimanche 19 février 2006 7 19 /02 /Fév /2006 21:07
- Par Jean Compazieu

8ème dimanche du temps ordinaire

Lectures de la messe du 8ème dimanche

Les évangiles de ces derniers dimanches nous ont décrit l’activité missionnaire de Jésus. Depuis quelques temps, il commence à étonner tout le monde. On s’aperçoit qu’il apporte quelque chose de nouveau : Il fait des miracles, il enseigne, il va même jusqu’à pardonner les péchés. Tout cela fait grand bruit en Galilée. Tout le monde cherche à la voir et à l’entendre.

En même temps, le comportement de Jésus et de ses disciples a de quoi intriguer. Cela ne correspond pas celui de gens qui se disent hommes de Dieu. Il vient de choisir un publicain comme disciple, un homme infréquentable parce qu’il trahit son pays. Bien plus, il va manger chez lui. De plus, les disciples qui accompagnent Jésus ne respectent pas le rituel prescrit par la loi de Moïse et ils n’observent pas le jeûne. On est toujours choqué de voir des personnes qui disent parler de la part de Dieu et qui se conduisent différemment de ce qu’on attend d’elles.

Alors on pose la question à Jésus qui est tenu pour responsable du comportement de ses amis : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? » Pour comprendre la réponse du Christ, il faut savoir que dans l’Ancien Testament, le jeûne était lié à l’attente du Messie. C’était une manière de montrer qu’on était impatient de le voir arriver. Le sens de la réponse est clair. Nous ne sommes plus au temps de l’attente. Le Messie est là, il est arrivé. Ce type de jeûne n’a plus de raison d’être. Désormais c’est le temps de faire la fête.

Ce vin nouveau dont parle Jésus, c’est précisément celui de la fête. Il ne peut y avoir de bon repas sans un bon vin. Mais pour mieux en comprendre la signification, il faut en connaître le symbolisme. Ce vin nouveau évoque le renouveau spirituel qu’apporte le message de l’évangile. Ce vin, on ne le met pas dans de vieilles outres. Il faut l’accueillir avec un cœur renouvelé. Jésus ne vient pas faire du raccommodage. Il fait du neuf. Avec Jésus c’est l’époux qui est là. Il veut nous revêtir des habits neufs de notre beauté retrouvée. Il nous invite à boire le vin de la nouvelle alliance. Il nous offre d’avoir avec Dieu une relation d’amour sans cesse renouvelée. Et si nous jeûnons pendant le carême, ce n’est plus parce que nous attendons le Messie. C’est pour être plus ouverts et plus disponibles à sa présence, son action et son amour.

C’est ainsi que le Christ nous invite à accueillir inlassablement la nouveauté de l’évangile et à nous laisser transformer par lui. Et il nous envoie dans le monde pour continuer son œuvre de transformation. Tout cela semble bien au dessus de nos possibilités. Alors on se décourage en disant qu’on n’est pas assez nombreux ; et puis « avec la mentalité qu’il y a chez nous, ce n’est pas possible ! » Ce découragement est l’une des pires tentations car elle bloque tout engagement. D’autre part, il faut bien le reconnaître : le christianisme a plusieurs fois réussi ce tour de force de transformer le monde. Il a largement contribué à changer la mentalité qui régnait dans la Rome décadente. Les missionnaires ont apporté à de nombreux peuples ce qu’il y a de meilleur dans la civilisation de leur pays d’origine.

Pour être rayonnants de la nouveauté de l’Evangile, il nous faut l’accueillir en nous et nous en imprégner. Et pour cela, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Chaque semaine, nous sommes invités à nous nourrir de sa Parole et de son Corps. L’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. C’est pour nous une invitation à puiser à cette source et à gravir ce sommet. En mangeant le même Pain et en recevant le même Christ, nous ne formons qu’un seul Corps. Si nous lui demandons de nous inoculer son amour passionné pour son Père et pour nos frères, la communauté se transformera ; l’idéal du Christ pénètrera dans nos vies. Beaucoup de choses changeront.

Il y a aussi un autre moyen de nous transformer et de nous rendre plus conformes à la nouveauté de l’évangile : C’est le sacrement de la réconciliation. Quand nous avons rompu l’alliance avec Dieu, il nous appelle inlassablement à revenir vers lui. La lecture du livre d’Osée nous rappelle que Dieu nous aime tous d’un amour passionné malgré nos infidélités. En recevant le sacrement du pardon, nous sommes comme le fils prodigue qui revient vers son Père. Et nous sommes accueillis à bras ouverts. Ce pardon c’est une grande joie, une fête pour Dieu et pour nous. Tout le ciel se réjouit avec le « berger » pour une seule brebis retrouvée.

C’est ainsi qu’en venant dans le monde, Dieu a inauguré un monde nouveau. Il faut toutes choses  nouvelles. Il l’a mis en fête éternelle. Cette fête totale nous est acquise d’une manière définitive par la mort et la résurrection du Christ. Cette transformation n’apparaît pas encore mais elle est déjà présente dans le témoignage des communautés chrétiennes.

Rendons grâce à celui qui est notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer au renouvellement de nous-mêmes, de notre Eglise et de notre monde. Avec Jésus c’est vraiment un nouveau départ.

Jean C (D’après diverses sources)

 

 

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Publié dans : dimancheprochain
Lundi 13 février 2006 1 13 /02 /Fév /2006 08:49
- Par Jean Compazieu

Première Lecture
Psaume
Deuxième Lecture
Evangile

7ème dimanche du temps ordinaire (B) 

Tout au long de son ministère, Jésus n'a jamais cessé de répéter que "le règne de Dieu s'est approché." Il retourne à Capharnaüm. C'est là qu'il avait déjà délivré un possédé. Il est sans doute dans la maison de Pierre et André. Tant de monde s'y rassemble qu'il n'y a plus de place, même devant la porte. Il continue à y annoncer la Bonne Nouvelle. C'est sa mission, sa priorité de toujours. Aujourd'hui comme autrefois, l'urgence est la même. L'Eglise est envoyée pour annoncer la Parole. C'est cette parole que nous sommes invités à accueillir.

Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé porté sur un brancard. Imaginons cet homme incapable du moindre geste, totalement dépendant des autres. Les porteurs veulent l'amener auprès de Jésus. Mais la foule est tellement importante que c'est absolument impossible. Alors ils vont amener le paralysé sur le toit. C'était un toit en terrasse. Il suffisait de monter par l'escalier extérieur et de déplacer une poutre. Nous pouvons imaginer les gens de l'intérieur qui reçoivent les gravats sur la tête et qui voient descendre cet homme paralysé.

Jésus admire LEUR foi, pas seulement celle du paralysé mais aussi celle des porteurs. Retenons cette idée, surtout si nous accompagnons des personnes malades ou handicapées. Ce qui sauve les malades, ce n'est pas leur foi mais aussi celle de l'entourage. Nous aussi, nous avons à nous porter les uns les autres jusqu'à Jésus. Il arrive que les bien pensants aient une attitude méprisante et qu'ils fassent obstacle à cette rencontre. Nous-mêmes, nous pouvons parfois faire partie de cette catégorie. Mais notre mission en tant que chrétiens c'est d'amener celui qui faiblit jusqu'à Jésus.

La foi que le Christ admire c'est celle qui va jusqu'à "crever le toit", celle qui joue sa vie sur l'invisible, c'est-à-dire sur ce qu'on n'a jamais vu. La foi c'est provoquer Jésus à l'impossible en étant sûr qu'il va relever le défit. Et dans l'évangile de ce jour, nous le voyons crever un toit bien plus épais que celui de la maison. Il va pénétrer dans cet homme muré dans son infirmité et lui dire une parole absolument inouïe : "Tes péchés sont pardonnés.

Le premier geste libérateur de Jésus c'est en effet le pardon des péchés. Le premier mal de cet infirme, ce n'est pas d'être immobilisé par sa maladie corporelle, c'est d'être cloué dans son mal intérieur, sa paralysie intérieure, son péché. Entendons-nous bien : La paralysie de cet homme n'est pas une punition de ses péchés. Et pourtant, il y a en chacun de nous une paralysie du cœur qui nous empêche d'aimer. La racine du péché est dans le cœur. Elle nous ferme à l'amitié de Dieu.

En nous pardonnant, Jésus nous renouvelle au plus profond de nous-mêmes. Il nous "relève." Se lever c'est le mot de la résurrection. Jésus s'est levé de la mort pour que nous puissions un jour nous "lever" dans la Vie Eternelle. Le paralysé de l'évangile est sorti vers la vie nouvelle. Les murs qui l'enfermaient sont tombés. La foi s'épanouit en liberté. Elle est don de Dieu libérateur. La foi au pardon libère celui qui est à la fois "esclave du péché et de la mort." (Rm 6)

Comprenons bien : Le pardon du Seigneur dans le sacrement de la réconciliation n'est pas un simple effacement du péché. Il est une reconstruction pour rendre à l'homme sa dignité et son dynamisme vital. Nous avons tous à redécouvrir la joie et l'énergie de ce pardon de Dieu pour la vie éternelle. Grâce à lui, nous pouvons reprendre notre route à la suite du Christ avec plus d'amour, de confiance et de disponibilité.

Ce message libérateur a été accueilli de diverses manières : L'évangile nous montre ceux qui ont rendu gloire à Dieu. Comment ne pas être dans l'action de grâce quand nous bénéficions des bienfaits du Seigneur. Cet amour de Dieu pour nous dépasse tout ce que nous pouvons imaginer et nous n'aurons jamais fini de le remercier. Face à Jésus et à tous ceux qui rendent grâce, nous avons scribes et les pharisiens qui sont fermés au signe. Nous n'avons pas à les juger. Nous aussi il nous arrive d'être choqués quand d'autres ne partagent pas notre manière de dire Dieu. Théoriquement, nous sommes pour la liberté. En fait, souvent nous enfermons Dieu dans nos idées rigides. Nous oublions qu'il est toujours au-delà de ce que nous disons ou pensons de lui.

Cet évangile est donc un appel à la foi au Christ. Nous ne devons pas nous contenter de lui demander la réalisation de nos plans personnels, de nos projets. Lui, il voit beaucoup plus loin que nous. Quand il nous dit : « Lève-toi et marche », il vise aussi notre guérison intérieure et la résurrection finale. Il nous relève de nos faiblesses. Demandons-lui qu’il nous fasse tenir debout, fermes dans la foi, pour que nous puissions être de vrais témoins auprès de ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la souffrance physique et morale.

Ce témoignage que Jésus attend de nous, nous le lui confions dans notre prière. Mais comme les porteurs de l'évangile, faisons d'abord tout notre possible pour faire ce que nous pouvons faire nous-mêmes. Ensuite, demandons au Seigneur avec confiance ce que lui seul peut réaliser dans les cœurs.
Jean C. (D'après diverses sources)

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Publié dans : dimancheprochain
Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /Fév /2006 09:01
- Par Jean Compazieu

Voici une homélie que j'ai recopiée pour la journée des malades :

12 février : Journée des malades

La lèpre, maladie microbienne et contagieuse, condamnait le malade à l'isolement : C'est pourquoi, le lépreux habitera à l'écart !" Le malade, en plus, était redouté comme portant sur lui une punition divine. Forcément il avait péché pour avoir "mérité" une telle maladie.

La maladie isole. Et dans la tête du malade comme souvent dans celle de l'entourage de drôles de questions : "Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ?"  - "Où est-il ce Dieu qui permet une telle épreuve ?"… "Ce n'est pas juste !"

Saint Marc nous fait assister à un face à face entre un lépreux et Jésus, un lépreux encore assez valide pour tomber à genoux et supplier : "Si tu le veux, tu peux me purifier." C'est la première fois qu'un lépreux l'approche. Aujourd'hui c'est possible. Peut-être que les autres malades venus voir Jésus ont été guéris ? Une place est libre. L'exclu se faufile.

Ce n'est pas facile à un malade chronique d'avoir la plus belle place pour s'approcher de Dieu quand les autres sont là. Les autres, les bien portants, les bien-pensants, ceux qui ne sont pas détruits par la lèpre, ni exclus par leur handicap.

Ce n'est pas facile d'avoir la foi chevillée au corps, à un corps si fragile et qui entraîne au doute. Ce n'est pas facile d'avoir une confiance absolue en la bonté et en la puissance du Maître quand les autres vous ont condamnés médicalement et moralement !

Or Jésus est pris de pitié.

Délicatesse et sensibilité de Jésus. Dieu fait passer son infinie bonté par les gestes et les vibrations du cœur humain de son Fils. Dieu n'est pas là-haut dans le ciel à compter les points de notre misère. Il n'est pas l'absent ou le lointain. Il est pris de compassion ; en Jésus il touche le lépreux. Il se fait le tout proche de l'homme agenouillé. Jésus se montre incapable de résister à l'appel de la foi du malade.

Pour montrer que la puissance de son Père répond à la foi du lépreux, il reprend les mots mêmes de sa prière : "Je le veux, sois purifié, toi qui crois que je peux ce que je veux.

De quelle lèpre ai-je besoin d'être purifié aujourd'hui ?

Qu'est ce que j'attends pour demander, à genoux, comme le lépreux, avec la même audace, la même confiance, la purification dont j'ai besoin?

La bonté de Jésus est bienfaisante : Jésus guérit. Elle est anoblissante: Jésus réhabilite en réintégrant dans sa dignité d'homme le malade.

Jésus touche avant de guérir. Le lépreux se laisse toucher, physiquement… Comment nous y prenons-nous pour entourer de tendresse et de compassion celles et ceux qui sont malades ? Avec quelle liberté de cœur et de corps ? Ma prière s'exprime-t-elle en bonté compatissante ? Une telle bonté porte souvent la puissance de certaines guérisons. Est-ce que je crois que Jésus peut aujourd'hui me toucher et me guérir.

Alors Jésus renvoie le lépreux purifié avec un avertissement sévère : "Garde-toi de ne rien dire ! Va te montrer au prêtre. Donne ce que Moïse a prescrit. Ta guérison sera pour les gens un témoignage."

Jésus n'est pas mécontent d'avoir purifié le lépreux… Il ne veut pas que cette guérison extraordinaire détourne de l'essentiel. Ce qui est premier c'est le donateur, pas les dons. Ce qui est premier c'est l'annonce du Règne de Dieu; et c'est sur cette annonce qu'il veut centrer les âmes et les cœurs. Le miracle n'est qu'un des langages de cette annonce.

La véritable mission de Jésus n'est pas de susciter une espérance matérielle, faire de lui un Messie dont on attendrait une libération puissante et politique.

Jésus vient me purifier, c'est-à-dire me libérer de l'égoïsme qui divise, de la haine et du mépris qui corrompent mon cœur. Il change l'amertume en espérance.

Jésus, viens me toucher. Viens nous toucher. Libère-nous et guéris-nous.

Jenri-Claude J.

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Publié dans : dimancheprochain
Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /Fév /2006 08:58
- Par Jean Compazieu

6ème dimanche du temps ordinaire. 

"Mon modèle à moi c'est le Christ." Cette parole de saint Paul caractérise tout chrétien. Tout au long de notre vie, nous aurons à le prendre comme modèle d'humanité réussie. L'Evangile de ce dimanche nous donne une image bien particulière du Christ. Prenons le temps de le contempler et demandons-nous en quoi nous pouvons l'imiter.

Saint Marc n'hésite pas à présenter Jésus comme transgresseur de la loi de Moïse. Rappelons-nous toutes ces discussions au sujet du Sabbat. Ce qui est premier pour lui, c'est la communion entre les hommes. Dieu veut que nous soyons heureux et que nous vivions ensemble comme des frères. Il ne veut pas qu'il y ait des exclusions. La mission du Christ c'est de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés.

Au nom de cette communion entre tous, Jésus n'hésite pas à transgresser les lois les mieux établies. Ces lois étaient une étape dans le cheminement du peuple de la Bible. Et elles ont eu leur utilité. Aujourd'hui, le Christ voudrait nous aider à faire un pas de plus. Il nous invite à dépasser cette loi qui produit des exclusions. Le lépreux devait crier "impur ! impur!" et se tenir à l'écart des autres, privé de toute communion avec eux.

Face à ce qu'il faut bien appeler une injustice, Jésus se met "hors la loi." Il agit de manière responsable. Il nous arrive parfois, nous aussi de transgresser des lois. Parfois c'est pour la bonne cause : par exemple telle personne qui fait un excès de vitesse pour aller sauver une vie. Mais si nous transgressons des lois, c'est en général à notre avantage. Le but de Jésus est tout autre : il ne cherche pas son intérêt personnel mais celui de la multitude des hommes.

Regardons bien : Nous le voyons se laisser approcher par celui-la même qui devait se tenir à l'écart et crier "impur ! impur !" Au lieu de cela, cet homme crie sa foi : "Si tu le veux, tu peux me guérir." Jésus va faire un geste incroyable à l'époque. Il "étend la main et le touche." En agissant ainsi, il enfreint la loi et devient un exclu. On pourrait dire que Jésus prend sur lui toute la lèpre de l'homme. C'est un peu comme lors du baptême donné par Jean Baptiste : Les gens venaient se faire baptiser pour être purifiés de leurs péchés. Quant à Jésus, il est sorti de l'eau, porteur du péché des hommes, pour nous en libérer.

Le résultat pour lui, c'est qu'il était obligé d'éviter les lieux habités. Cela ne veut pas dire qu'il soit devenu contagieux. Simplement, il expérimente déjà le rejet dont il va être victime jusqu'à la croix. Il prend sur lui "la mort" du lépreux en lui donnant la vie. Un jour, on le conduira hors de la ville et on le fera mourir sur une croix. Sur cette croix, il sera défiguré, tout comme les lépreux, et tous se détourneront de lui.

Cet évangile nous interpelle tous aujourd'hui. La lèpre n'est plus une cause d'exclusion. Elle est même devenue une cause de générosité. Mais n'y a-t-il pas de multiples exclusions de toutes sortes… la montée du racisme, de la violence, l'exclusion provoquée par le chômage, la pauvreté grandissante. Des peuples entiers sont exclus du "club de la chance". Ils n'ont pas leur place dans les réunions où se décident les cours de leurs matières premières et ceux des technologies de pointe de chez nous.

Les frontières de l'exclusion traversent toutes nos sociétés. La question est de savoir si nous saurons les transgresser. Prendre le Christ pour modèle c'est choisir d'être solidaire avec les malades, les prisonniers, les marginaux et tous les rejetés de notre monde. Si nous voulons le rencontrer c'est vers eux qu'il nous faut aller. En ce dimanche de la santé, nous sommes invités à un regard renouvelé et plus solidaire vis à vis des soignants et des personnes malades et handicapées. "Les personnes que le mal isole, que la société marginalise sont les lépreux de tous le temps, mais des mains leur sont offertes. Et comme celles du Christ, elles redonnent vie."

Tout l'évangile nous dit que Dieu veut réinsérer l'homme dans la communauté humaine, l'homme malade mais aussi l'homme pécheur. Alors que spontanément, nous réagissons par l'exclusion, Dieu réagit par la réinsertion. Le sida, un séjour en prison, provoquent des réflexes de rejet. Mais Dieu vient pour reconstruire la communauté humaine. Cette reconstruction ne peut se faire qu'avec la collaboration de tous. Nous qui bénéficions du Salut apporté par le Christ, nous sommes envoyés en mission pour témoigner de cette espérance qu'il apporte au monde.

Et si nous connaissons la souffrance et l'épreuve au point de nous croire abandonnés, entendons cette Bonne Nouvelle : Le Christ nous rejoint là où nous sommes. N'hésitons pas à tendre la main vers lui, à nous laisser toucher. Et demandons-lui de ne pas la lâcher.
Jean C. (D'après diverses sources)

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Samedi 4 février 2006 6 04 /02 /Fév /2006 10:26
- Par Jean Compazieu
Préparer des enfants au sacrement du pardon n’est pas chose facile, d’autant plus que ce n’est pas toujours très clair dans la tête de certains adultes. On parle de péché sans trop savoir ce que c’est. Et quand on y ajoute les notions de péché mortel et de péché véniel, cela devient plus compliqué.

Les enfants disent souvent : « Le péché, c’est quelque chose de mal qu’on a fait. » Oui, bien sûr, mais il faut aller plus loin : Le péché n’est pas seulement une faute, une infraction, une atteinte aux règles de la morale. Il est d’abord une rupture d’alliance avec Dieu, un peu comme un divorce.

Quand j’organise ma vie en dehors de Dieu, quand je ne prie plus, quand je ne pense qu’à moi, je mets Dieu en dehors de ma vie. C’est cela le péché. Quand je fais du mal aux autres et que je refuse de les accueillir, Dieu est atteint dans son amour pour chacun. Nous savons combien des parents peuvent souffrir quand un de leurs enfants est victime de violences. Dieu, qui est Amour, souffre de voir ses enfants se déchirer.

Le pape Jean-Paul II disait : « Notre monde a perdu le sens du péché parce qu’il a perdu le sens de Dieu. » C’est pour nous un appel à redécouvrir ce Dieu qui n’a jamais cessé de nous aimer et qui ne veut que notre bonheur. Lors d’une rencontre avec une religieuse dans un monastère, des enfants lui demandaient si les sœurs allaient se confesser ; elle a répondu : « Oui, toutes les semaines. » Devant leur surprise, elle a précisé : « Plus un amour est grand, plus on voit ce qui l’offense.

Le temps du Carême va nous aider à recentrer notre vie sur Dieu et à retrouver son amour. Nous entendrons des appels tels que : « Convertissez-vous… Revenez à moi de tout votre cœur… »

Un de mes amis me disait un jour : « Je ne sais pas si le bon Dieu me pardonnera car je suis un grand pécheur. » Ce à quoi j’ai répondu : « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » (Saint Paul). Quand nous revenons vers Dieu, c’est la joie retrouvée, c’est la fête. Nous pouvons reprendre notre route avec un cœur libéré. Et surtout nous pouvons témoigner des merveilles de Dieu dans notre vie et notre monde.

Seigneur, tu es toujours là pour nous accueillir chaque fois que nous nous sommes éloigné de toi. Merci Seigneur pour cet amour et cette joie que tu ne cesses de nous offrir, pour cette confiance que tu nous renouvelles malgré nos infidélités. Garde-nous dans ton Amour.

Jean C

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