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Fête du Saint Sacrement

Textes du jour : Lire ici

Ce dimanche c'est la fête de l'Eucharistie. A cette occasion, cela vaut la peine de se demander pourquoi nous allons à la messe le dimanche. Les réponses des uns et des autres peuvent varier mais elles se rejoignent. Nous pensons en particulier qu'il est important de retrouver nos frères chrétiens. Un agriculteur qui vit dans une ferme isolée me disait que s'il n'allait pas à la messe le dimanche, il ne verrait personne. Nous avons besoin de faire communauté avec ceux qui se rassemblent à l'église et les autres ont besoin de notre présence et de notre prière. C'est une manière de montrer que nous sommes solidaires les uns des autres.

Un deuxième temps fort de la messe, c'est celui de la Parole. Nous écoutons le Seigneur qui nous parle par la Bible et par l'homélie. Chaque fois que nous lisons un texte biblique, c'est Dieu qui nous parle. Chaque semaine, il a quelque chose de nouveau à nous dire. Rappelons-nous les disciples d'Emmaüs. Il leur a fallu ce temps de la Parole de Jésus sur la route pour qu'ils aient le cœur brûlant. La Parole de Dieu c'est comme un feu, le feu de l'amour passionné de  Dieu, qui ne demande qu'à embraser le monde.

Et puis, bien sûr, nous avons le temps de l'Eucharistie, celui de l'Action de grâce. Nous nous unissons au sacrifice du Christ et à sa prière. Quand nous allons communier, c'est son Corps que nous recevons. Nous en avons besoin pour reprendre courage et continuer notre route. Certains estiment qu'ils peuvent très bien prier sans aller à la messe le dimanche. Ils oublient une chose : c'est que leur prière est prise en compte dans la messe. Toutes nos prières personnelles, toutes nos célébrations  convergent vers l'Eucharistie.

La première lecture nous a rappelé la longue marche du peuple d'Israël à travers le désert. Dans la Bible, le désert c'est la terre que Dieu n'a pas bénie. On y souffre de la chaleur brûlante le jour et du froid piquant la nuit. Le peuple d'Israël a vécu une autre expérience du désert. C'est le lieu et le temps de la longue marche vers la Terre promise. Dieu a voulu que son peuple naisse au désert, là où la foi est exigeante. Quand le doute affaiblit la foi de ce peuple, Dieu fait éclater sa miséricorde : il lui donne l'eau, la manne, le serpent de bronze et finalement l'entrée dans la terre promise. Le désert apparaîtra comme le temps idéal de l'alliance entre Dieu et son peuple. C'est une expérience unique que Jésus a voulu connaître.

Notre vie quotidienne ressemble souvent à une traversée du désert avec nos problèmes, nos fatigues et nos responsabilités diverses. Notre vie est marquée par des épreuves, des souffrances parfois très lourdes. Nous retombons souvent dans les mêmes péchés. Mais le Seigneur est toujours là pour nous relever et nous pousser à aller de l'avant. Nous pouvons compter sur lui pour nous accompagner et nous redonner force et courage sur le chemin qui conduit à lui. Son amour nous est acquis une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer.

Dans la seconde lecture, l'apôtre Paul rappelle le sens du repas Eucharistique. Ce pain que nous rompons va nous être partagé. Il est le moyen à la fois familier et prodigieux qui permet de maintenir vivante la présence du Christ parmi nous. Nous en recevons la vie, par l'Esprit Saint, au plus profond de nous-mêmes. A la consécration, le prêtre dit : "Prenez et mangez-en tous, Ceci est mon corps…" Et nous croyons qu'à partir de ce moment-là se réalise la présence du Christ ressuscité sous les apparences du pain consacré. A la communion, nous venons nous nourrir de la présence vivante de Jésus en recevant l'hostie.

Mais si nous réfléchissons un peu, nous découvrons que Jésus ne veut pas seulement se rendre présent dans l'hostie consacrée mais en chacun de nous. C'est nous-mêmes qu'il veut transformer en nous donnant le pain venu du ciel. Il veut faire de nous des enfants de Dieu à l'image de ce qu'il est lui-même. Il veut nous remplir de sa vie pour que nous aimions comme lui, dans l'amour et le don de nous-mêmes aux autres, dans l'accueil et le pardon, dans le partage et l'amitié à l'égard de tous, comme lui. Il veut nous remplir de sa présence pour que nous devenions d'autres Christ. Tout au long de sa vie terrestre, Jésus a fait la joie de son Père. Il vient à nous pour que nous aussi nous fassions la joie de Dieu en vivant comme lui.

Dans l'évangile, saint Jean nous dit que Jésus donne sa "chair" pour que le monde ait la vie. La volonté du Christ c'est que nous vivions. C'est la chair de Jésus ressuscité qui nous est donné pour que nous ayons la vie. En mangeant le pain de vie nous préparons notre résurrection. C'est toute notre vie qui est invitée à faire corps avec le Christ, à être dès aujourd'hui transformée par lui.

Chacun de nous peut se poser la question : le sacrement de l'Eucharistie répond-il vraiment à notre faim ? Ou cherchons-nous ailleurs de quoi satisfaire nos désirs ? Un prêtre missionnaire dans les montagnes du Pérou avait entrepris de gravir la côte avec des amis pour se rendre chez lui. Ils avaient décidé de s'arrêter dans une petite chapelle à mi pente pour célébrer l'Eucharistie. Quand ils y sont arrivés, une foule de gens les attendaient. Le prêtre leur demande : "Que voulez-vous ?" Ils répondent : "Nous avons faim de messe." Nous qui avons cette chance d'avoir une Eucharistie, ne nous privons pas de ce don de Dieu. Laissons-nous envahir et transformer par lui. La messe est une affaire d'amour. Dieu ne laisse pas l'homme sur sa faim si l'homme a faim de Dieu.

Jean C.  (D'après diverses sources.

Lectures : Lire ici

Nous célébrons aujourd'hui la fête de la Sainte Trinité. Si on s'en tient à cette formule abstraite, on a du mal à imaginer que cela puisse être une fête. Dans notre calendrier chrétien, il y a des fêtes qui nous parlent davantage, Noël, Pâques, la Pentecôte… Mais comment comprendre la Trinité ? A catéchisme, on nous a appris "un seul Dieu en trois personnes." C'était une approche, mais il faut savoir que notre Dieu ne se laisse pas enfermer dans une définition. Il sera toujours bien au-delà de tout ce que nous pourrons imaginer ou dire à son sujet.

Alors comment comprendre la Trinité ? Pour nous y aider, il faut d'abord savoir ceci : Avant d'être un dogme, c'est d'abord une expérience, l'expérience des apôtres, celle des chrétiens d'autrefois et d'aujourd'hui. La Trinité c'est notre expérience vécue. Les apôtres étaient des juifs fervents. Ils n'étaient pas du tout disposés à croire en Dieu Trinité. Pour eux ce n'était pas imaginable. Il a fallu qu'ils soient obligés de confesser que Jésus est le Fils unique de Dieu, participant à sa divinité avec le Père et l'Esprit Saint.

Ils y ont été obligés par ses paroles et ses actes. Son discours sur les béatitudes et bien d'autres ne pouvaient venir que de quelqu'un qui connaît bien le Créateur de l'homme. Dans sa prière, Jésus appelait Dieu "Mon Père", un mot que personne n'osait employer. Et quand il lisait les Ecritures, il ne se contentait pas de les commenter ; il parlait comme quelqu'un qui savait d'où elles viennent et où elles vont. Il se permettait de dire des mots qui les dépassent : "On vous a dit… Moi je vous dis…" Certaines de ses paroles étaient insupportables pour ceux qui les entendaient, comme par exemple : "Mon Père et moi, nous sommes Un". On comprend que certains l'aient traité de fou ou de blasphémateur. Mais d'autres ont finalement reconnu qu'il venait de Dieu.

En fait, c'est la résurrection de Jésus qui a provoqué les disciples à comprendre qu'il disait vrai, qu'il n'était ni fou, ni menteur ni blasphémateur. Et c'est surtout le don de l'Esprit Saint, le jour de la Pentecôte, qui les a ouverts de l'intérieur. D'ailleurs, Jésus lui-même les avait avertis : "Quand viendra l'Esprit de Vérité, il vous fera comprendre tout ce que je vous ai dit." Et c'est ce qui est arrivé. Ce jour-là, ils ont cru ; ils ont proclamé avec assurance : "Jésus est Seigneur… Il est le Fils de Dieu. Il nous fait participants de sa vie…"

Les disciples ont relu les Ecritures. Ils ont compris des choses qu'ils étaient loin d'imaginer. Pour eux, maintenant, tout est devenu lumineux : Depuis toujours, Dieu est Père, Fils et Saint Esprit. Par amour, il nous crée. Le Fils unique s'est fait notre frère. Et l'Esprit Saint nous a été donnés pour nous rendre participants à la vie divine. Dans la foi, ceux qui se livrent à Jésus sont ses frères. Ils sont habités par l'Esprit Saint. Ils sont les enfants bien-aimés du Père. Nous chrétiens, au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d'amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Ce grand mystère est proclamé au début de chaque messe, à chaque signe de croix et dans chaque Credo.

Voici le témoignage d'une petite fille de 11 ans ; c'était la veille de sa première communion ; sa catéchiste lui demande : Dans ta vie chrétienne, qu'est ce qui est le plus important pour toi ?" La petite fille se lève et trace un grand signe de croix sur son corps en disant bien fort : "Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit." -  "C'est tout ?" lui demande la catéchiste. – "Oui, c'est tout" dit la fille. La catéchiste était un peu déçue car il lui semblait lui avoir appris autre chose. Et pourtant, sans en être bien consciente, cette petite fille avait dit l'essentiel de l'expérience chrétienne.

En faisant le signe de croix, nous affirmons notre foi en Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit, Dieu qui est amour et qui nous demande de vivre dans son amour. Nous nous rappelons que Jésus fait de nous des enfants bien-aimés du Père. La Fête de la Sainte Trinité voudrait donc nous inviter à entrer dans cette communion d’amour qui unit le Père, le Fils et le Saint Esprit. Elle nous dit que nous sommes tous membres de cette famille de Dieu. Cela implique que nous sommes appelés à vivre ensemble comme des frères. 

Cet amour que nous recevons de Dieu Père, Fils et Saint Esprit, c’est comme une lumière qu’il nous faut transmettre à tous ceux qui nous entourent, dans nos familles, nos quartiers et nos villages, nos divers lieux de vie et de travail. Et surtout n’oublions pas les malades, les exclus, tous ceux et celles qui sont douloureusement marqués par les épreuves de la vie. Ils font tous partie de cette famille de Dieu qui est amour. Nous sommes tous envoyés pour mettre plus d'amour dans ce monde qui en a bien besoin. Et nous-mêmes, nous sentons bien le décalage qu'il y a entre notre foi et la manière dont nous vivons. Aujourd'hui, l'Evangile nous annonce cette bonne nouvelle : Dieu n'a pas envoyé son Fils pour condamner le monde mais pour le sauver.

Avec Marie et à la suite de tous les saints du ciel, accueillons cet amour qui vient du Père, du Fils et du Saint Esprit. Et soyons-en les témoins émerveillés dans toute notre vie.
Jean C
D'après diverses sources

Textes bibliques : Lire ici

Nous voici parvenus à la fête de la Pentecôte. Dans un monde où beaucoup semblent perdre leurs repères chrétiens, il est important que nous retrouvions le sens premier de cette fête. Dans l'esprit de beaucoup de gens, c'est d'abord un "week-end" un peu plus long. Et dans ce cas, on pense plus au lundi de Pentecôte qu'au dimanche. D'autres l'ont associée à une publicité qui n'a rien à voir avec l'événement que nous célébrons en ce jour. Enfin, il y a une grave confusion dans les lieux où des fêtes votives sont organisées. Si on demande à des enfants de dessiner la Pentecôte, ils vont nous montrer des manèges. Tout cela pour nous dire qu'il est urgent de retrouver le sens premier de cette fête.

Bien avant d'être une fête chrétienne, la Pentecôte était une fête juive. Elle existait depuis des siècles. A l'origine païenne, c'était la fête des moissons. Elle était vécue comme un temps de réjouissance par les agriculteurs. Ce n'est que bien plus tard que les juifs en ont changé le sens premier : Cinquante jours après la Pâque (le passage de la mer Rouge), Dieu appelle Moïse sur la montagne et lui donne sa loi. Après avoir été libéré physiquement de l’oppression égyptienne, le peuple est conduit vers une libération spirituelle. Tous les ans, les juifs se rassemblaient pour commémorer ce don de la loi tout en continuant à célébrer la fête des moissons. De toutes les parties du monde, les juifs venaient à Jérusalem pour offrir des gerbes de blé en action de grâce.

Plus tard, le prophète Ezéchiel annoncera une nouvelle étape : Désormais cette loi ne sera plus écrite sur des tables de pierre mais dans un cœur de chair : "Je vous donnerai un cœur nouveau ; je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon propre esprit ; je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes" (Ez. 36, 26-27)

Cette promesse d'Ezéchiel se réalise 50 jours après la résurrection de Jésus. De nombreux fidèles s'étaient rendus à Jérusalem pour fêter la Pentecôte Juive ; la ville grouillait de monde ; ils étaient venus de partout et de très loin. Certains avaient entendu parler de Jésus mort sur la croix. Mais l'événement de la résurrection n'avait pas été annoncé. Pour eux, la fête de la Pentecôte sera comme celles des années précédentes. Les uns et les autres viennent dans la ville sainte avec la ferveur, la foi et l'enthousiasme d'un pèlerinage pour renouveler l'alliance avec Dieu.

Avec la Pentecôte chrétienne, nous parvenons à une autre étape : la première lecture nous en parle dans un langage très imagé : "Il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent". En général, le vent fait le vide ; il emporte tout sur son passage. Dans le cas présent, il remplit la maison et les apôtres. Il a fallu toute cette tempête pour secouer les esprits figés et délier les langues muettes. Ce jour-là, l'Esprit fait naître l'Eglise avec son perpétuel premier cri : "Jésus est ressuscité ; il est vivant". Ce témoignage transmis par les apôtres a été communiqué de génération en génération. Et c'est de cette bonne nouvelle que nous avons tous à témoigner. C'est en vue de cette mission que l'Esprit Saint nous est donné.

Saint Luc nous parle aussi du feu : "Ils virent apparaître comme des langues de feu qui se partageaient et il s'en posa une sur chacun d'eux." C'est ainsi que l'Esprit Saint vient répandre sur la terre le feu allumé par Jésus. Ce feu c'est celui de l'amour de Dieu et des autres. Les apôtres sont des témoins passionnés, brûlants de cet amour qui est en Dieu. Aujourd'hui comme hier, notre monde a besoin de cette pluie de feu pour l'embraser de ce même amour.

Le livre des Actes des Apôtres nous donne un autre signe : il énumère les douze provinces de l'empire : c'est pour symboliser la mission universelle des apôtres. Ces derniers sont envoyés comme messagers du Christ partout dans le monde. Ils seront appelés à annoncer "les merveilles de Dieu" dans la langue des gens qu'ils vont rencontrer. Ceux qui ont quitté leur pays pour annoncer l'Evangile à l'autre bout du monde ont aussi commencé par apprendre la langue du pays. C'est vrai également pour nous : pour témoigner des merveilles de Dieu, ici et maintenant, il nous faut apprendre la langue du monde, celui de l'ordinateur et des moyens de communications planétaires.

C'est ainsi que, progressivement, nous prenons conscience de la mission qui est la nôtre. L'Eglise est au service de l'Esprit et au service du monde. Elle doit s'enraciner au cœur de toutes les cultures mais ne doit se lier à aucun d'elles, à aucune idéologie ni aucun régime. Nous sommes appelés pour participer à la mission du Christ. Le problème c'est quand l'Eglise cède à l'esprit du monde, quand elle mise sur d'autres forces et d'autres sécurités que celles de l'enracinement dans le Christ. A ce moment-là, elle se fane et devient faible. Elle cesse de témoigner, en particulier quand elle s'accroche au passé.

Nous avons besoin d'un vent violent pour emporter les feuilles mortes. L'Esprit de Dieu est toujours là aujourd'hui. Avec Marie et les apôtres, nous anticipons le rassemblement de toutes les nations qui sont sous le ciel. Nous entrons dans ce grand mouvement d’action de grâce qui fut celui du Christ. Prions ensemble cet Esprit de Dieu : qu’il donne à l’Eglise de notre temps de témoigner de cette vitalité, de cette capacité de rassembler et d’unir dans le respect profond des valeurs de chacun.
Jean C. D'après diverses sources

Textes bibliques : Lire ici

Cet évangile nous parle de la prière de Jésus. C'est pour nous, chrétiens d'aujourd'hui, l'occasion de nous interroger sur la nôtre : Est-ce que nous prions ? Comment prions-nous ? Si nous faisions un sondage autour de nous, nous aurions un éventail de réponses très diverses. Certains nous parleraient de rencontres fréquentes ou occasionnelles. Pour d'autres, c'est le désert total. En lisant cet évangile, nous sommes témoins de la prière de Jésus : C'est au moment où il va "passer de ce monde à son Père". Prenons le temps d'accueillir ces paroles car elles sont celles de la Vie éternelle.

La prière est communion : "Tout ce qui est à toi est à moi, comme tout ce qui est à moi est à toi." Jésus est en totale communion avec son Père. L'ensemble de sa prière laisse apparaître ce partage d'être, d'amour et de vie, de volonté et de projet entre le Fils  et le Père. Non seulement, ils sont présents l'un à l'autre, mais dans une communion éternelle qui les lie l'un à l'autre : "Tu es en moi et moi en toi." Tout au long des évangiles, nous voyons Jésus passer des nuits à prier le Père. Sa prière était une adhésion aimante à la volonté du Père : "Que ta volonté soit faite et non la mienne" dira-t-il à Gethsémani.

"Le Père et moi, nous sommes un" nous dit encore Jésus. Cette union surpasse tout ce que nous pouvons imaginer et vivre à notre niveau. Elle nous dit toute l'intensité de la prière de Jésus et nous en sommes vraiment éblouis. En regard de celle du Christ, notre prière est bien faible et bien limitée. Elle n'est souvent que des mots enchaînés distraitement et rapidement sans réelle communication avec le Seigneur. Aujourd'hui, l'évangile nous rappelle que la prière est communion avec Dieu, parfois dans le silence. Elle est aussi communion fraternelle avec tous les priants et aussi avec tous ceux que nous voulons porter au Seigneur. Celui qui a découvert ce contact intérieur avec Dieu et ses frères connaît le bonheur de prier. Comme toute expérience profonde, c'est un bonheur difficile à exprimer et à partager. Mais il est réel.

La prière est action de grâce :
Jésus est sur le point de passer de ce monde à son Père. Il présente en quelque sorte le bilan de sa mission. Sa mort sur la croix ne sera pas son échec mais son élévation, son entrée dans la gloire. Dans sa prière, Jésus laisse éclater sa joie d'avoir accompli l'amour du Père pour le monde : "Je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'œuvre que tu m'avais confiée." La gloire dont il est question ici n'a rien à voir avec les fastes et les honneurs de notre monde. Dans la bible, ce mot est synonyme de poids, de constance, de valeur et de présence à soi-même et au monde. Jésus a rendu Dieu présent en agissant sur la terre. Par le Fils, le Père a vraiment donné toute la mesure de son amour.

"J'ai fait connaître ton nom aux hommes" dit Jésus. Ce "Nom", c'est Dieu lui-même. Jésus a révélé le Père au monde par le témoignage de sa parole et par son action. Nous le voyons auprès des pécheurs, des malades, des pauvres et des exclus de toutes sortes. En accueillant ce message, ils ont accueilli celui qui en était le porteur : "Ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé" dit Jésus.

Au moment le plus dramatique, le Christ veut partager à ses disciples la joie d'avoir accompli sa mission. La prière est "Eucharistie" c'est-à-dire action de grâce. Trop souvent, notre prière n'est que plainte, cri ou requête. On en vient à oublier que sa plus belle expression c'est l'action de grâce. La qualité de la prière commence là. Nous disons un merci à Dieu pour les dons qu'il nous a faits.  Nous suivons l'exemple de Jésus qui rendait grâce avant de demander.

La prière est confiance.
Au soir du Jeudi saint, Jésus prie le Père de le glorifier c'est-à-dire d'apporter par sa résurrection la preuve suprême de son amour. Dans sa prière, il pense surtout à ses disciples. Il sait combien leur tâche sera risquée dans le monde et il veut les protéger. Leur fidélité sera sans cesse mise à l'épreuve. Sa grande préoccupation, c'est qu'ils restent unis. Il prie pour eux mais aussi pour tous les disciples de tous les temps. Chacun de nous peut dire : "Ce soir-là, le Christ a prié pour moi".

En ce dimanche, nous nous unissons à la prière de demande de Jésus. Lui-même nous y invite : "Demandez et vous recevrez." Mais l'important c'est que notre prière soit ajustée au projet de Dieu. Si Jésus nous demande d'insister ce n'est pas pour changer Dieu mais pour nous transformer et nous rendre accueillants pour recevoir le don de l'Esprit Saint.

La 1ère lecture nous montre la prière des apôtres au cours de leur retraite avant la Pentecôte. Ils sont au Cénacle en compagnie de Marie, la mère de Jésus. On ne peut rêver plus bel accompagnement. Jésus nous donne sa maman pour qu'elle fasse pour nous ce qu'elle a fait pour lui. Nous pouvons toujours nous réfugier auprès d'elle. Quand nous faisons appel à Marie, elle accourt. N'hésitons pas à lui ouvrir la porte de notre vie et de notre cœur. Marie est le plus sûr chemin pour nous apprendre à connaître et aimer Jésus.
D'après diverses sources

Pour préfèrent : Archive : Lire ici 

Lectures du jour : Lire

La fête de l'Ascension nous dit que Jésus ressuscité est "monté au ciel". Mais il faut bien s'entendre sur le sens des mots. De quel ciel s'agit-il ? En même temps, d'autres questions surgissent : Ceux qui sont morts, où sont-ils ? Que sont-ils devenus ? Y a-t-il une vie après la mort ?  Les évangiles nous parlent de la Vie éternelle. Qu'est-ce que cela signifie pour nous aujourd'hui ?

Voilà quelques questions qui peuvent nous paraître un peu provocantes. En fait, elles sont celles de beaucoup de gens autour de nous. On dit que 40 % de baptisés déclarent ne pas croire à une vie après la mort. Parmi ceux qui y croient, il faut faire des distinctions. Certains parlent de la réincarnation c'est-à-dire au retour à la vie terrestre. Nos librairies regorgent de "publications de l'étrange" : On y trouve des livres sur le spiritisme, le contact avec les morts, la réincarnation. Il n'est pas question pour nous de mépriser la recherche spirituelle qui s'exprime dans ces divers courants. Mais  nous, chrétiens, nous devons nous rappeler que nous sommes porteurs d'une autre espérance. Nous devons sortir de toutes ces doctrines ésotériques et aller au cœur de la foi chrétienne.

Le récit de l'Ascension qui est lu dans toutes les églises nous apporte un éclairage nouveau par rapport à toutes ces interrogations. Il ne faut pas le recevoir comme un reportage sur la manière dont les choses se sont passées. Aucun journaliste n'aurait pu filmer Jésus montant au ciel et traversant les nuages. Le plus important c'est le message que nous transmet saint Luc : le Christ est passé de ce monde à son Père. Il est glorifié. "Il est assis à la droite de Dieu."

Les évangiles nous disent que, lors du baptême de Jésus au bord du Jourdain, les cieux s'ouvrirent. Et en ce jour de l'Ascension, ils s'ouvrent pour le retour du Christ vers son Père. Voilà une image très belle. Mais ce qu'il faut y voir c'est surtout une bonne nouvelle porteuse d'espérance pour le monde. Jusqu'à présent, on croyait que la vie des hommes  s'arrêtait avec la mort ; or voilà que par sa résurrection et son ascension, Jésus fait une brèche ; il nous a ouvert un passage. Il est entré le premier dans le monde de Dieu pour nous entraîner à sa suite. Il l'avait annoncé aux siens : "Je pars vous préparer une place… je veux que là où je suis, vous soyez vous aussi."

Voilà ce message d'espérance que les chrétiens se sont transmis de génération en génération. Cette destinée merveilleuse, où Jésus nous a précédés, est désormais ouverte à tous les hommes. En ce jour, nous accueillons cette bonne nouvelle qui vient donner un sens nouveau à notre vie terrestre. Nous ne pouvons plus nous contenter de vivre comme tout le monde. Les apôtres eux-mêmes ont été rappelés à l'ordre : "Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?" Il n'y a rien à voir mais beaucoup à faire. Nous-mêmes, nous sommes tous rappelés à nos responsabilités. Comme les apôtres, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de l'espérance qui nous anime.

Cette bonne nouvelle c'est la résurrection du Christ ; c'est la Vie éternelle offerte à tous. Cette Vie éternelle ce n'est pas seulement pour après notre mort. Elle nous est donnée en germe au jour de notre baptême. Elle doit grandir et se développer en nous tout au long de notre vie. Pour cela, nous sommes invités à suivre le Christ et à lui faire confiance. Même si nous ne le voyons pas, il est toujours avec nous pour nous ouvrir une vie nouvelle, une vie remplie de son amour.

Depuis l'Ascension, le Christ n'est plus visible à nos yeux. Mais le monde doit pouvoir contempler son visage à travers nous, entendre son message à travers nos paroles et nos vies. Et surtout, ils doivent découvrir en nous quelque chose de l'amour passionné de Dieu pour tous les hommes. Il est important que notre cœur soit de plus en plus accordé à son infinie tendresse pour tous les hommes. Alors, ne perdons pas une minute. C'est à chaque instant que nous avons à rayonner de cette lumière qui vient de lui.

"Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés." Plus que jamais, l'Eglise a besoin de notre attachement au Seigneur. C'est en communion avec le pape, nos évêques et tous les chrétiens que nous pourrons être de vrais témoins du Christ ressuscité. Il est "le Chemin, la Vérité et la Vie". C'est par lui et avec lui que notre vie sera aussi une ascension vers le Père.
Jean C (D'après diverses sources)

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